LA COPARENTALITE HORS COUPLE :
UNE NOUVELLE SITUATION DE LA SOCIÉTÉ ET DES FAMILLES

La coparentalité hors couple est une nouvelle forme d’organisation familiale, qui s’explique pour l’essentiel par l’évolution de la société.

D’un côté positif, il s’est produit une plus grande autonomie des individus, qui disposent maintenant de la liberté de choisir parmi plusieurs modèles ; contrairement au passé.

D’un autre côté négatif, cette liberté de s’engager ou de se séparer, rend plus difficile la rencontre de parents souhaitant, la même chose, au même moment, et cela pour toute la vie.

Une solution est de dissocier projet d’enfant et vie amoureuse, en fondant sa famille sur une base plus solide et pérenne, ce qui est dans l’intérêt privilégié de l’enfant.

La société contemporaine a une longue histoire surtout marquée par un modèle patriarcal, appuyé sur des règles religieuses et civiles.

Sous ce régime, les individus ne disposaient pas d’une possibilité réelle de demeurer célibataire ou de fonder d’autres types de famille que celle de la norme, et sans pouvoir ensuite se séparer ni divorcer.

Ce modèle a progressivement perdu son pouvoir coercitif, ce qui a permis l’émergence de nouvelles formes sociales, donnant priorité à l’autonomie des individus et des familles.

Il est ainsi survenu une plus grande liberté de se marier ou de préférer l’union libre, de pouvoir divorcer, de rester célibataire, etc.

On a aussi pu voir la reconnaissance des droits de l’enfant, par un ensemble de règles juridiques internationales, visant à le protéger et à promouvoir son bien-être. Par exemple, son droit à être entendu sur les questions le concernant, la fin du statut discriminant de l’enfant adultérin, et de l’interdiction de minorer ses droits de successions etc.

On a pu voir aussi la reconnaissance de droits aux homosexuels, la prise en compte du transsexualisme, des questions de genre, etc.

Les femmes quant à elles ont acquis une plus grande autonomie politique, patrimoniale, sexuelle.

Cependant, malgré les progrès réalisés en matière de droits des femmes, notamment la féminisation de diverses professions, et l’augmentation de leur représentation dans toutes les instances décisionnelles, il existe encore des entraves à une pleine émancipation, même si dans l’ensemble, la société a permis une plus grande prise en compte de l’individu et des libertés individuelles.


D’un côté, les femmes sont appelées à relever le défi de concilier leur vie personnelle, professionnelle, et sentimentale. Dans ce même temps, la fertilité féminine diminue drastiquement après la vingtaine, malgré les avancées médicales et scientifiques.

D’un autre côté, les hommes ont du également s’adapter à cette plus grande instabilité des normes sociales, mais ils ont aussi bénéficié de plus de liberté avec la fin du modèle patriarcal. Ils ont la possibilité de retarder union et parentalité, tout en ayant la possibilité de réaliser cela tardivement.

Néanmoins, même si les femmes bénéficient de nouvelles libertés ou possibilités, il serait naïf de croire que les anciens modes de pensée auraient disparus.

Pour les femmes, la culpabilisation n’est jamais très lointaine sur tous ces sujets. Les influences culturelles et sociales les poussant très souvent à leur faire sacrifier leurs intérêts, dans l’intérêt de : la famille, des enfants, de leur compagnon, etc. Ces influences peuvent très vite réapparaître dans certaines circonstances : des choix professionnels, un simple déménagement, une séparation, etc.

projet d'enfant hors couple par convention d'avocat


C’est pourquoi il n’est pas surprenant que cette évolution de la société ait aussi eu pour conséquence de créer des difficultés relationnelles importantes entre les hommes et les femmes.

Ces difficultés se manifestent dans les relations professionnelles, les relations amoureuses, les relations sexuelles, et également dans la maternité et la constitution d’une famille.

Les influences sociétales et culturelles continuent toujours de véhiculer un modèle poussant garçons et filles, à chercher leur conjoint idéal, pour fonder une famille, à un jeune âge, et cela en contradiction avec les nouvelles réalités sociales.

Ainsi, de nombreuses femmes recherchent encore leur « prince charmant » dans la vingtaine, à avoir des enfants, alors que de nombreux hommes ne partagent pas forcément le même désir, ou au même moment.

Ce modèle continue de pousser les individus à trouver un partenaire idéal pour toute une vie, alors que ce modèle s’appliquait dans un passé où les individus se mariaient pour la plupart contraints, par conformisme ou coercition, et pour une espérance de vie plus bien plus courte.

Par ailleurs, le désir de se marier peut survenir plus tard dans la vie. La honte et la pression sociale qui imposaient autrefois des unions précoces ont largement disparues aujourd’hui. Les moteurs restants de ces unions précoces sont principalement culturels, et peuvent même souvent être inconscients.

Pour éviter de penser à tout cela, il peut être tentant de ne voir que les exemple de mariages heureux et durables, comme de penser que l’on va gagner à la loterie nationale. Il est en effet possible de trouver des couples ayant surmonté leurs épreuves et renforcé leur liens, mais si l’on considère leur nombre réduit, il devient évident que ces unions réussies semblent être plus des exceptions que la norme.

Il convient ainsi de rappeler que la durée moyenne d’un mariage est de 15 ans, et c’est pourquoi il serait plus logique de choisir un projet de vie plus conforme à ses intérêts, et d’interroger ses désirs, qui sont peut être induits par un modèle culturel devenu inadapté.

D’autre part, si le mariage peut permettre la création d’un patrimoine commun, et une stabilité financière accrue, au vu cependant du taux élevé de divorces et de séparations, cet avantage n’est plus garanti.

En cas de divorce conflictuel, la séparation soudaine peut entraîner une détresse psychologique intense et un ressentiment persistant à l’égard de l’ex-partenaire, surtout lorsque des enfants sont impliqués.

Cette pensée peut être décourageante ou anxiogène, mais il est peut être dans son propre intérêt de prendre en compte ces influences sociales, si elles sont un obstacle à son épanouissement personnel et à l’intérêt supérieur de l’enfant à naître.

Tout ceci met en évidence des difficultés que rencontrent les femmes et les hommes pour s’épanouir pleinement dans la société d’aujourd’hui.

C’est pourquoi le concept de coparentalité en dehors d’une relation romantique peut être une option positive.